La mode est à la "versionnite", croyez-moi ! Depuis l'invention du terme "Web 2.0" par Dale Dougherty, le concept "2.0" à fait son chemin et passe désormais dans les bouches des personnes les plus branchées.

Simple constat, l'idée fait fureur ! Nous pouvons maintenant entendre parler de "Marketing 2.0", de "Management 2.0", du "Référenceur 2.0", de "Démocratie 2.0", des "Blogs 2.0"... Bien qu'une évolution soit constatée dans la plupart de ces domaines, la numérotation est-elle pour autant nécéssaire ?

Dans le cadre du développement logiciel, les versions ont une grande importance, elles marquent un état : béta, stable, évolution majeure, mineure... Ces dernières permettent non seulement d'indiquer clairement aux utilisateurs les évolutions mais aident aussi les développeurs et chefs de projets à maitriser leur produit (maintenance, organisation...). Pour les objets fabriqués par la main de l'homme (tel un logiciel : un objet virtuel), la numérotation n'est pas choquante puisque l'objet lui même est de nature morte. L'objet ne vit que par phases ou par succession(s) d'états, lesquelles se changent en versions. Une voiture démarre, cale, redémarre, freine etc... Ce qui est abstrait ou qui est de l'ordre du vivant : l'être humain, les animaux, un métier, une idée etc.., n'à pas à être numéroté puisqu'il évolue constamment. L'abstrait évolue grâce au vivant et le vivant évolue par lui même et grâce à l'abstrait.

Le concept "2.0" est plutôt une bonne idée à l'origine, c'est un coup marketing assez sympathique. En revanche, la reprise exagérée du terme semble montrer un certain manque d'imagination ou mieux : une blague. Les innovateurs auraient-ils maintenant besoin d'un tel stratagème pour justifier leur travail ?

Quelques interrogations pour finir :

  • Lorsqu'un couple aura son troisième enfant, devra t'il l'appeler "Didier 3.0" ou encore "Juliette 3.0" ?
  • L'éléphant est-il une version béta du mammouth ?
  • La banane arrive t-elle à la version 2.0 une fois qu'elle est mûre ?